Ils n’en croyaient pas leurs yeux. Les israéliens ont découvert le dernier édito mis en ligne sur le site internet du journal Le Monde avec surprise : pour une fois, il ne s’agissait pas là d’une attaque frontale contre Israël, ce n’était pas non plus la description de «la nouvelle résolution anti-israélienne de l’ONU». Non, pour une fois le journal Le Monde relate un fait que, jusqu’à présent, seul JSSNews dénonçait : l’injustice onusienne. Le meilleur moyen de me faire comprendre est peut-être de mettre en ligne la partie la plus intéressante de cet édito :

(…) Mais il n’y a pas que cela. Moins que jamais, la République islamique se comporte comme un état parmi les autres. Le président Mahmoud Ahmadinejad en a encore donné l’exemple la semaine dernière au Liban. Il est allé au sud de ce pays pour lancer ses invectives habituelles contre Israël. Dans la localité de Bint Jbeil, il a prôné «l’éradication (ou «la disparition», selon les traductions) des sionistes». Il a jugé que cela ne devrait pas prendre trop de temps, puisque «Israël est aussi fragile qu’une toile d’araignée».
Imaginons, un instant, qu’un autre président en activité, quelque part dans le monde, aille à la frontière d’un état étranger avec lequel il a un différend, même substantiel, et appelle publiquement à la disparition de celui-ci. Pas d’un gouvernement, d’un état ! Tollé sur la scène internationale, à coup sûr ; saisie du Conseil de sécurité de l’ONU, vraisemblablement. Là, rien. Silence. Pas de réaction du secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, ni du Conseil de sécurité. Parce qu’il s’agit d’Israël ?
Il y a un minimum de règles entre membres des Nations unies, la seule assemblée à incarner la légitimité internationale. On se fait la guerre. On s’en prend à des régimes. On dénonce des idéologies. On attaque des systèmes. On s’invective. Durant toute la guerre froide, les deux protagonistes, américains et soviétiques, ont pu dire pis que pendre l’un de l’autre. Mais ils n’ont pas préconisé les uns la disparition de l’URSS et de ses satellites, les autres celle des États-Unis et de leurs alliés. Dans le club des Nations Unies, la règle minimale, même entre ennemis, est de ne pas appeler à la mort d’un des membres !
Excellent édito, n’est-ce pas ? C’était sans compter sur la conclusion. Il fallait bien attaquer un peu Israël:
On peut comprendre la colère des habitants du sud du Liban (1). Ils ont subi de terribles bombardements israéliens, notamment avec des engins à fragmentation, qui n’ont pas épargné les civils (2). Mais ce n’est pas cela que dit M. Ahmadinejad. Lui, chef d’État reçu à l’ONU il y a encore trois semaines, déclare vouloir la fin d’un autre état-membre des Nations unies. Ses propos participent d’une campagne de délégitimation d’Israël d’où ne sortira rien de bon, sinon davantage de crispation nationaliste à Jérusalem (3), ce dont personne n’a vraiment besoin en ce moment. Le Conseil de sécurité aurait dû voter une résolution contre le discours du président iranien.
Si l’on est bien d’accord sur le fait que le Conseil de Sécurité aurait du voter une résolution, sur le fait que si Netanyahu avait fait cela, il y aurait eu une réunion d’urgence, des résolutions racistes et des propos délirants, il reste 3 points que j’aimerais mettre en valeur. Ils sont symbolisés par les chiffres que j’ai moi-même placé dans la dernière citation.
1 : Que Le Monde se rassure, il ne reste plus beaucoup de civils au Sud-Liban. La plupart des villages sont des villages fantôme. Là où il reste des habitants, il s’agit la plupart du temps de supporters du Hezbollah… Ou de terroristes de ce même mouvement.
2 : Voulez vous que l’on vous rappelle l’histoire du fameux “carnage de Cana” (2006) qui ne ressemblait en fait, en rien à un “carnage” (voir la vidéo ici)
3 : Crispation nationaliste ? Pourquoi mélangez vous tout ici ? Si Israël construit des habitations dans l’est de sa capitale, cela n’a rien à voir avec le Hezbollah ou l’Iran. C’est simplement une vieille prédiction juive, qui remonte à la nuit des temps et qui dit : «Si je ‘oublie, ô Jérusalem…»
Enfin bref, merci quand même au journal le Monde pour sa bonne intention. Il était temps qu’un autre média que le notre ne commence t-a parler un tant soit peu, de la blague onusienne…
Jonathan-Simon Sellem – JSSNews
Pour lire l’édito du Monde, cliquez ici.
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