Il est possible de commencer l’année 2011 en annonçant de bonnes nouvelles concernant Israël. La croissance de ce pays, pour l’année écoulée, a été de 4,5% ; il s’agit du plus fort taux de croissance de l’ensemble des pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), qui regroupe la totalité des pays développés.
Israël est aussi le seul pays de l’OCDE où le niveau de vie (revenu disponible moyen des ménages, divisé par le nombre d’unités de consommation) a augmenté en 2010 : en l’occurrence, une hausse de 2,7%. Ces performances sont le reflet d’une économie dynamique, performante et qui constitue, avec celle des Etats-Unis, la plus avancée du monde dans le secteur des hautes technologies.
A la différence de tous les pays européens, Israël se présente comme un pays qui est déjà passé au vingt-et-unième siècle et dispose d’un fonctionnement postindustriel.
Après avoir énoncé ces bonnes nouvelles, qui sont loin d’être anecdotiques, du fait, entre autre, de leurs implications dans le domaine militaire – Israël possède non seulement une armée puissante, mais elle est également technologiquement très supérieure à celles de ses voisins -, il faut passer aux mauvaises nouvelles.
Les performances économiques d’Israël ne seront pas dévoilées ni commentées par les grands media occidentaux !
Pour une simple raison : ces grands media sont trop occupés à mener un travail de démolition de l’image d’Israël dans le monde, qu’ils accomplissent avec un succès certain, pour se préoccuper de mentionner les événements qui lui sont favorables.
L’image d’Israël s’est, de fait, encore détériorée dans le monde développé au cours de l’année 2010.
Aux Etats-Unis et au Canada, la dépréciation atteint cependant un niveau moindre, et les avis positifs sur Israël demeurent majoritaires. En Europe, en revanche, la détérioration est nette. Et elle ne me surprend pas.
Si je ne devais m’informer sur Israël en ne regardant que les chaînes de télévision françaises, ou en ne lisant que notre presse nationale, je détesterais un pays que je prendrais pour une tyrannie brutale, colonisatrice, tueuse d’enfants innocents, etc. Si je devais m’informer dans les media allemands, néerlandais, britanniques ou espagnols, ce ne serait pas significativement mieux, et même parfois pire.
Je pourrais en déduire, si je raisonnais hâtivement, que le gouvernement israélien ne réalise pas un travail de communication et de réinformation suffisant. Et je n’aurais pas pleinement tort. Mais, selon moi, tous les efforts du gouvernement israélien en ce sens seront vains si certaines tendances lourdes ne sont pas arrêtées, voire inversées.
La situation actuelle de la propagande/information anti-israélienne est la résultante d’une longue guerre pour la destruction d’Israël, menée par le monde arabe et une partie du monde musulman, depuis la naissance de l’Etat hébreu.
Cette guerre a eu une dimension militaire, reposant sur des attaques d’armées conventionnelles, en 1948-49, 1967 et 1973.
Elle a eu une dimension terroriste, qui n’a pas cessé d’exister, et qui s’était affirmée à partir de la création de l’OLP en 1964. Mahmoud Abbas, le « modéré », vient d’ailleurs de célébrer le début de la « révolution palestinienne », en chantant les louanges du premier acte terroriste commis par le mouvement auquel il appartient, qui se déroula le 1er janvier 1965.
Cette guerre a une dimension de propagande, dont les conséquences les plus graves sont encore à venir. La falsification de l’histoire du Proche-Orient par ce que, suivant en cela Paul Giniewski, j’appelle le « palestinisme », s’est substituée à l’histoire du Proche-Orient, et se retrouve désormais dans les manuels scolaires de plusieurs pays occidentaux.
Et elle sert de toile de fond aux analyses diligentées par la plupart des commentateurs. Le paradigme « Israéliens mauvais-Palestiniens bons » constitue l’arrière fond de quasiment tous les reportages sur le Proche-Orient diffusés dans les media du monde occidental.
S’ajoute, pour l’Europe, les effets d’une présence musulmane importante, des actions d’apaisement et de compromis des gouvernements européens vis-à-vis des gouvernements du monde arabe et du monde musulman, mais également vis-à-vis de groupes terroristes. Ces gouvernements européens préfèrent que ces derniers frappent ailleurs que chez eux et ils font des concessions pour que cela advienne.
S’ajoute aussi une politique arabe de la France, devenue politique musulmane de l’Europe, dont mon amie Bat Ye’or met au jour les rouages dans son excellent dernier ouvrage L’Europe et le spectre du califat – Edition « Les Provinciales », 17,10 euros - ; ainsi qu’une alliance de tous les adeptes politiques des sociétés fermées en Europe – l’extrême-gauche, les Verts, les communistes et néo-communistes, une fraction de l’extrême-droite – avec ceux qui entreprennent de soumettre le continent à l’islamisation.
Je pense que la situation en Europe est si grave que, quand bien même on peut y sauver l’honneur en menant des combats pour la vérité, ceux-ci ont peu de chance d’aboutir. Et c’est également l’avis de Frits Bolkestein, ancien commissaire européen, ami d’Israël, mais homme lucide à propos de l’Europe, lorsqu’il incite les Juifs européens à quitter le continent tant qu’il en est encore temps.
Le combat en Amérique du Nord n’est, en revanche, en rien perdu, et vaut d’être mené. De nombreuses organisations s’y emploient. Avec efficacité. Avoir perdu l’Europe, pour Israël, est ennuyeux, mais n’est, tout bien pesé, pas si dramatique.
Israël, en revanche, ne peut pas se permettre de perdre l’Amérique du Nord. L’administration Obama est absolument hostile à Israël, mais elle n’est que de passage. L’année 2011 va être marquée par une confrontation entre le nouveau Congrès et cette administration.
Tous les amis d’Israël ont à suivre de près ce mano à mano : il déterminera l’issue des élections de 2012 et, à terme, sans doute, la survie d’Israël.
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[Vendredi 07/01/2011 14:26]