etzbetzion
Bahreïn -Yemen.
Note d’Etzbetzion : on parle d’un vent de révolte démocratique au Proche-Orient, mais il semblerait qu’en ce qui concerne l’île de Bahreïn, il n’en est pas de même.
En réalité, sur l’île de Bahreïn, dans le Golfe persique, située à environ 200 kms des côtes de l’Iran, la rébellion chiite semble avoir été fomentée en arrière-plan par le régime iranien khomeyniste. Celui-ci, en effet, ne cache pas qu’il espère annexer Bahreïn, qui regorge de pétrole et qui est réputé pour sa culture de perles.
Au Yemen également, les manifestations sont pro-chiites, et veulent provoquer un changement de régime, pas une amélioration des droits civique ni un gouvernement démocratique.
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La contestation gagne du terrain dans le monde arabe (le Monde)
La contestation gagne du terrain dans le monde arabe
LEMONDE.FR | 18.02.11 | 21h52

Des manifestants à Sanaa au Yémen, le 18 février 2011.AP/Hani Mohammed
Les autorités ont réprimé dans le sang des mouvements de protestation sporadiques dans différents pays arabes. Mais l'inflexibilité des autorités ne semble pas faire plier les manifestants, désireux d'en finir avec les pouvoirs en place. La contagion s'étend dans le monde arabe jusqu'à Djibouti.
Libye. La tension est montée d'un cran en Libye. Au lendemain d'une "journée de colère", des milliers de manifestants antigouvernementaux sont encore descendus dans les rues de Benghazi, deuxième ville du pays et bastion de l'opposition.
Des contestataires ont incendié le siège de la radio locale de Benghazi, dans l'est de la Libye, après le retrait des forces de l'ordre qui assuraient la sécurité du bâtiment. Ces violences ont fait au moins quarante et un morts depuis le début des protestations mardi. Ce bilan ne comprend pas les deux policiers pendus par des manifestants à Al-Baïda ni les quatre prisonniers tués vendredi par les forces de l'ordre alors qu'ils tentaient de s'évader de la prison d'El-Jedaida, près de Tripoli.
>> Lire "Des policiers pendus par des manifestants en Libye"
Yémen. Quatre manifestants ont été tués vendredi lors de la dispersion par la police de manifestations réclamant la chute du régime yéménite à Aden, dans le sud du pays, alors que deux protestataires trouvaient la mort dans une attaque à la grenade à Taez, au sud-ouest.
On estime à onze le nombre de morts en une semaine au Yémen, dont huit à Aden, selon un bilan fait par l'AFP à partir de sources hospitalières.
>> Lire "Des affrontements font six morts et une dizaine de blessés"
Bahreïn. La journée de vendredi, consacrée aux obsèques de quatre chiites tués la veille dans un raid des forces de sécurité, a tourné au bain de sang. L'armée a tiré sur un millier de personnes qui voulaient reprendre un sit-in à Manama. Au moins 26 blessés ont été hospitalisés, dont un "en état de mort clinique" selon un député d'opposition.
Une fois le calme revenu dans le petit royaume du Golfe, le prince héritier a promis un dialogue avec les opposants. Ces derniers appellent à une manifestation mardi prochain.
>> Lire "L'armée ouvre le feu sur des manifestants"
Jordanie. La Jordanie a connu une nouvelle vague de violences depuis le début du mouvement de contestation sociale et politique, il y a plusieurs semaines. Une manifestation rassemblant 400 jeunes (300 selon la police) qui réclamaient des réformes politiques a dégénéré lorsque des partisans du gouvernement ont attaqué des contestataires à Amman, selon un étudiant sur place. Huit personnes ont été blessées.
>> Lire "Huit blessés en Jordanie dans une manifestation pro-réformes"
Koweït. Un millier d'apatrides arabes, que l'on appelle les "Bidouns", se sont rassemblés pour demander au gouvernement de les naturaliser après la prière hebdomadaire du vendredi, dans la ville de Jahra, à 50 kilomètres à l'ouest de la capitale. La dispersion de la manifestation par la police a fait cinq blessés parmi les protestataires. Les apatrides, estimés à 100 000 personnes, qui revendiquent la citoyenneté koweïtienne, ne bénéficient d'aucun droit au Koweït. Ils n'ont pas accès aux services publics, comme l'éducation et la santé, dont les Koweïtiens bénéficient gratuitement.
Egypte. Ce jour de prière était aussi jour de fête place Tahrir au Caire. Des centaines de milliers de manifestants se sont réunis pour célébrer la victoire de la "révolution du Nil", une semaine jour pour jour après le départ de Moubarak.
>> Portfolio : "La place Tahrir en fête une semaine après la chute de Moubarak"
Djibouti. L'onde de contestation du monde arabe a atteint l'Afrique. Pour la première fois, Djibouti, pays stratégique de la Corne de l'Afrique, a été le théâtre d'un rassemblement de l'opposition. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté vendredi à l'appel de l'opposition pour dénoncer le régime du président Ismaël Omar Guelleh.
Iran. Contrairement à ce qui s'est passé dans d'autres pays du Moyen-Orient, ce sont des dizaines de milliers de partisans du régime qui ont donné de la voix ce vendredi lors de la prière à l'université de Téhéran et au cours de manifestations organisées par les autorités dans tout le pays.
Ils ont réclamé l'exécution des deux principales figures de l'opposition réformatrice, l'ex-chef du Parlement Mehdi Karoubi et l'ex-premier ministre Mir Hossein Moussavi, qui ont pris la tête de l'opposition au président Mahmoud Ahmadinejad depuis sa réélection contestée en 2009 et sont depuis plusieurs jours de facto en résidence surveillée.
>> Lire "Journée de "haine et de colère" en Iran contre l'opposition
Syrie. Le site d'opposition All4Syria.info, qui émet de Dubaï, a indiqué vendredi qu'une centaine de Syriens avait manifesté la veille au cœur de Damas pour protester contre la brutalité de policiers déployés contre un citoyen syrien.
Irak. Dans le nord du pays, le Goran, principale formation d'opposition à l'Assemblée nationale du Kurdistan, a réclamé "une réunion du Parlement [kurde] dans les quarante-huit heures, ainsi que la mise en place d'une commission d'enquête", au lendemain de la mort de deux jeunes gens au cours d'une manifestation hostile au gouvernement régional.
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Les Palestiniens vont présenter une résolution sur la "colonisation" à l'ONU (le Monde)
Les Palestiniens vont présenter une résolution sur colonisation à l'ONU
LEMONDE.FR avec AFP | 18.02.11 | 21h19

Mahmoud Abbas, le 14 février 2011.AP/Amr Nabil
La direction palestinienne a décidé de présenter, vendredi 18 février devant le Conseil de sécurité de l'ONU, une résolution sur la colonisation israélienne, a annoncé un haut responsable de l'Organisation de libération de la Palestine.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton estimait pourtant jeudi que "le Conseil de sécurité et les résolutions" déposées devant lui n'étaient "pas le bon support pour avancer vers l'objectif" de relancer les négociations israélo-palestiniennes, laissant supposer que les Etats-Unis y opposeraient leur veto.
Une source palestinienne anonyme indiquait de son côté que Barack Obama avait personnellement fait part à Mahmoud Abbas de son opposition au projet. "Le président Obama, lors de sa conversation jeudi avec le président Abbas, a menacé de prendre des mesures contre l'Autorité palestinienne si elle insistait pour demander au Conseil de sécurité de condamner la colonisation et d'en demander l'arrêt", assurait cette source vendredi.
"Si l'administration américaine veut utiliser son droit de veto, qu'elle l'utilise", a déclaré à l'AFP Saleh Rafat, membre du comité exécutif de l'OLP.
"DES RÉPERCUSSIONS SUR LES RELATIONS PALESTINO-AMÉRICAINES"
"Il y aura des répercussions sur les relations palestino-américaines si vous persistez dans vos tentatives pour aller au Conseil de sécurité et ignorez notre demande, en particulier compte tenu du fait que nous avons des propositions alternatives", aurait prévenu M. Obama.
Selon un porte-parole du Hamas à Gaza, Fawzi Barhoum, "cela confirme le soutien total de l'administration américaine à la politique arbitraire du gouvernement d'occupation". "Ceux qui ont parié sur le soutien de l'administration américaine aux droits du peuple palestinien ont perdu", a-t-il déclaré à l'AFP. "[Mahmoud Abbas] est faible parce qu'il est allé sans le peuple palestinien vers les instances internationales", a estimé le responsable du Hamas, l'appelant à "cesser de porter la cause palestinienne à des institutions internationales dont les décisions sont devenues purement américaines".
DES NÉGOCIATIONS AU POINT MORT
Selon des responsables palestiniens, l'ambassadrice américaine aux Nations unies a proposé au groupe arabe, qui a refusé, un communiqué non contraignant de la présidence du Conseil, l'envoi d'une mission sur place du Conseil de sécurité, ainsi qu'une référence aux frontières de 1967 dans le prochain communiqué du Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, ONU, Russie et Union européenne).
Les pourparlers de paix, brièvement relancés en septembre, sont suspendus depuis l'expiration d'un moratoire israélien sur les nouvelles constructions dans les colonies.
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Lybie : deux jeunes frères en prison pour leur attachement à la culture berbère (le Monde)
Fathi Salem Bouzakhar enseigne l'ingénierie électronique à l'université de Syrte, sur la côte méditerranéenne libyenne. Les 14 et 16 décembre, ses deux fils aînés, deux jumeaux de 29 ans, Madghis et Mazigh, sont arrêtés par les autorités du pays. Leur crime ? S'être intéressés d'un peu trop près à la culture amazighe (berbère), réprimée en Libye. Leur père témoigne.
"En décembre, mon fils Madghis a reçu une convocation des agents de la sûreté extérieure [une des agences de renseignement libyenne]. Le motif n'était pas clair. Une fois sur place, il a été placé en détention. Deux jours après, c'était au tour de son frère jumeau, Mazigh, d'être arrêté. Les agents sont venus à notre domicile et ont saisi CD, disques durs, livres... tous les documents de la bibliothèque et de l'ordinateur familiaux.
"Ce qu'on leur reproche, c'est leur intérêt pour la culture amazighe. Notre famille est originaire de Yefran, en pleine région berbère. Avec ma femme, nous nous sommes toujours efforcés de transmettre notre culture à nos cinq enfants. Mes fils, en plus de parler le tamazight [la langue berbère], se renseignaient sur la culture berbère, par intérêt personnel. Ils consultaient des articles sur Internet, ils étaient en contact avec des universitaires à l'étranger, notamment en France et aux Etats-Unis. Ils sont membres par ailleurs du Congrès mondial amazigh.
"Mais pour les forces de l'ordre, la culture amazighe est une menace pour la sécurité du pays : le tamazight est interdit en Libye et il est impossible de trouver un livre écrit dans cette langue ou qui a trait à cette culture. Les autorités libyennes pensent que les Berbères fomentent un complot contre le régime, orchestré de l'extérieur. Mes fils sont ainsi soupçonnés d'"espionnage et de collaboration avec Israël et les sionistes". Pour justifier leurs accusations de complot international, les autorités arguent que mes fils étaient en contact avec des universités à l'étranger.
INSULTES ET TORTURE
"J'ai pu voir mes fils une première fois le 30 décembre. Ils étaient détenus par l'Agence de sûreté extérieure, mais je ne savais pas où. J'ai été conduit dans un endroit tenu secret. Puis mes fils ont été transférés dans des cellules d'isolement, et je n'ai plus eu de nouvelles. J'ai appelé l'administrateur de la Fondation internationale Kadhafi pour le développement – la fondation de Saif al-Islam, le fils du colonel –, j'ai déposé une requête auprès du procureur public.
"Le 16 janvier, j'ai reçu une lettre de la Fondation Kadhafi, adressée au président de l'Agence de sûreté, et mise en copie au procureur, disant que mes fils avaient droit à un avocat commis d'office et que j'avais le droit de les voir. J'ai pu leur rendre à nouveau visite le 24 janvier. Madghis m'a expliqué avoir été torturé en cellule d'isolement. Il a été battu à coups de bâton, insulté, on a pointé sur lui un pistolet : "Tu es un amazigh, un juif, lui a-t-on dit. On va te tuer." On lui a fait subir la falaqa [la flagellation]. Mon autre fils, lui, a été constamment insulté et humilié. J'étais très inquiet pour eux.
"Quant à l'avocat commis d'office, il n'a en fait pas eu le droit de voir mes fils, ni d'avoir accès aux pièces du dossier. Il a donc annoncé qu'il ne pouvait défendre cette affaire, et diffusé un communiqué sur Internet expliquant pourquoi il se retirait du dossier : ce texte a eu un certain retentissement.
PÉTITION
"Le 27 janvier, mes fils ont été transférés à la prison de Jdaida. Leurs conditions de détention se sont nettement améliorées : ils sont désormais regroupés dans une même cellule, où ils cohabitent avec des détenus condamnés pour trafic de drogue, qui purgent tous une peine de réclusion à perpétuité. Je me rassure en me disant qu'au moins mes fils sont ensemble, et que mieux vaut être entouré qu'isolé. Chaque jeudi, je peux leur rendre visite. Je les ai vus d'ailleurs hier matin.
"Je continue à me battre. J'ai rassemblé des habitants de Yefran pour écrire, il y a un peu plus de deux semaines, une lettre demandant la libération de mes fils et expliquant que notre culture amazighe doit être respectée. Nous avons rassemblé quatre-vingts signatures et quinze d'entre nous sommes allés porter la lettre sur le bureau du procureur.
"J'ai de nouveau écrit à Saif al-Islam Kadhafi et au président de l'Agence de sûreté extérieure. Ils nous promettent une solution, mais nous attendons toujours. J'ai toutefois espoir, après ce qui s'est passé en Tunisie et en Egypte, que le régime libyen soit plus regardant sur le respect des droits civils. J'espère surtout qu'à l'avenir, les cultures arabe et amazighe pourront dialoguer sereinement ensemble."
Propos recueillis par Mathilde Gérard
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Un prêtre égorgé en Tunisie (le Monde)
Tunisie : un prêtre égorgé, des islamistes attaquent un lieu de prostitution
LEMONDE.FR avec AFP | 18.02.11 | 22h08
L'insécurité et le risque de poussée intégriste en Tunisie ont été illustrés, vendredi 18 février, par le meurtre d'un prêtre polonais retrouvé égorgé "par des extrémistes", aux dires des autorités, et l'attaque d'une rue fréquentée par des prostituées par des islamistes qui voulaient incendier une maison close.
Le prêtre, âgé de 34 ans, a été retrouvé mort égorgé dans une école privée de la région de Manouba. C'est "un groupe de terroristes fascistes ayant des orientations extrémistes qui est derrière ce crime, compte tenu de la façon dont il a été assassiné", a indiqué le ministère de l'intérieur dans un communiqué sans préciser s'il visait là des islamistes.
Marek Rybinski a été retrouvé égorgé dans le garage d'une école religieuse privée où il était chargé de la comptabilité. Il a été agressé avant d'être égorgé, précise le ministère cité par l'agence officielle TAP. C'est le premier meurtre à la fois d'un religieux et d'un étranger depuis la chute du régime de Ben Ali, le 14 janvier.
"NON AUX LIEUX DE PROSTITUTION DANS UN PAYS MUSULMAN"
Une poussée de fièvre islamiste avait surgi dans l'après-midi à Tunis : des dizaines d'islamistes ont assailli une rue où travaillent des prostituées. "Des islamistes ont tenté d'entrer dans la rue Abdallaah Guech pour l'incendier", a déclaré à l'AFP un policier tunisien sous couvert de l'anonymat. Une des principales maisons closes de Tunis est située dans cette rue proche de la Medina.
"Des habitants les ont empêchés de rentrer dans cette rue jusqu'à l'arrivée des agents des forces de l'ordre qui ont bloqué l'entrée en interdisant tout passage. Ils ont ensuite réussi à disperser ces manifestants", a ajouté le policier. Les islamistes avaient auparavant manifesté dans le centre-ville en criant : "Non aux lieux de prostitution dans un pays musulman".
La semaine dernière, la communauté juive de Tunisie avait exprimé son inquiétude au gouvernement après des incidents antisémites devant la grande synagogue de Tunis.
Conscient du vide sécuritaire prévalant depuis la chute du régime, le gouvernement avait décidé la semaine dernière de rappeler des réservistes partis à la retraite depuis cinq ans qui ont rejoint l'armée mercredi. Le gouvernement est confronté chaque jour à l'instabilité avec de nombreux braquages à main armée, des manifestations de Tunisiens réclamant désespérément une aide sociale et à l'immigration clandestine de milliers de personnes parties chercher un emploi en Europe.
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